L’équipe de France aux championnats du Monde de judo vont ils ramener des titres ?

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Qu’attendre de l’équipe de France aux championnats du Monde de judo ?

Deuxième du tableau des médailles des Jeux olympiques l’an passé, l’équipe de France de judo part à partir de lundi à la conquête des Championnats du Monde (à suivre sur la chaîne L’Equipe), qui ont lieu à Budapest. Présentation des combattants tricolores.

Judo - Championnats du Monde Judo - Les féminines françaises, une valeur sûre pour les championnats du Monde 2017. (F.Mons/L'Equipe)
Les féminines françaises, une valeur sûre pour les championnats du Monde 2017. (F.Mons/L’Equipe)

Ils sont champions olympiques en titre

Parce qu’il a pris de longues vacances puis qu’il a été blessé au tibia gauche, en mai dernier, Teddy Riner (28 ans, + 100 kg) n’a pas été aligné en compétition depuis ses Jeux de Rio victorieux, il y a bientôt un an. Si aborder un grand rendez-vous sans tournoi de préparation au compteur est une première pour le double champion olympique et octuple lauréat mondial, ce dernier s’est néanmoins frotté à ses plus sérieux adversaires lors des récents stages estivaux à Tokyo et à Houlgate (Calvados). Invaincu depuis le 13 septembre 2010 et sa défaite en finale des Mondiaux toutes catégories, le Levalloisien devrait étirer encore davantage, en Hongrie, sa série de matches d’affilée sans revers, 128 à ce jour.

Championne olympique 2016 surprise, Emilie Andéol (29 ans, + 78 kg) est montée sur la troisième marche du podium d’un Grand Chelem, en février à Paris, avant de se faire éliminer dès sa première confrontation des Championnats d’Europe, en avril à Varsovie, par une junior hongroise. En délicatesse avec des genoux récalcitrants, la sociétaire de Champigny-sur-Marne peut toutefois à nouveau étonner. Pour cela, il vaudrait mieux qu’elle ne croise pas précocement la route de Sarah Asahina, une Japonaise de 20 ans sacrée championne du monde cadette et junior, invaincue depuis fin 2015 et qui entend démarrer son règne chez les plus grandes à Budapest.

La tendance : de l’or pour Riner, du bronze pour Andéol si ses genoux ne la freinent pas.

Elles ont déjà été championnes du monde

Parmi les favorites à l’or, Clarisse Agbegnenou (24 ans, – 63 kg) et Audrey Tcheuméo (27 ans, – 78 kg) comptabilisent à elles deux neuf médailles olympiques et mondiales. Quatre pour ce qui est de la première citée, lauréate mondiale 2014, qui reste sur autant de revers d’affilée face à la Slovène Tina Trstenjak, en finale des JO 2016 et des derniers Championnats du monde, notamment. Potentiellement supérieure à cette rivale, «Gnougnou» devra imposer sa tactique et non subir celle de sa bête noire. «Clarisse veut trop bien faire, commente Séverine Vandenhende, championne olympique 2000 des – 61 kg, désormais entraîneur national. Elle se précipite trop sur elle. Elle doit être davantage patiente.»

Déjà victorieuse, cette année, du Grand Chelem de Paris et des Championnats d’Europe, Tcheuméo est désormais débarrassée de l’Américaine Kayla Harrison, double championne olympique partie vers le lucratif MMA après les Jeux de Rio. Explosive et physiquement supérieure à toutes les filles de sa catégorie, l’athlète de Villemomble (championne du monde 2011) n’a qu’un point faible : une confiance en elle parfois vacillante. «Il faut encore que je prenne conscience de mes capacités, du fait que je suis la meilleure», résume-t-elle à ce propos.

La tendance : Agbegnenou et Tcheuméo en finale.

9 Le nombre de Français sélectionnés pour les Championnats du Monde présents dans le Top 10 mondial.

Ils ont été champions d’Europe

Révélation de 2016 avec son sceptre continental décroché en Russie, à 20 ans et à l’occasion de sa première sélection, Walide Khyar (- 60 kg) devra composer avec près de trois mois de privation de judo, cette année, en raison d’une blessure et d’une opération à la cheville droite. Une parenthèse qui pourrait peser lourd s’il était amené à affronter des pointures comme les Japonais Naohisa Takato et Ryuju Nagayama, les deux perles japonaises de la catégorie.

Passée des – 52 kg aux – 57 kg après des Jeux de Rio d’où elle rentra bredouille, Priscilla Gneto (27 ans) est montée sur la plus haute marche du podium des Championnats d’Europe, en avril à Varsovie. Une parfaite adaptation à sa nouvelle catégorie, qui s’est accompagnée d’un bonheur retrouvé lié à la fin de régimes qui lui étaient devenus insupportables. En juillet, Larbi Benboudaoud, responsable du secteur féminin, ne l’imaginait pas autrement qu’avec une médaille mondiale autour du cou. Mais un coup dur a perturbé sa préparation : une rupture du ligament croisé du genou gauche, le 9 août dernier à l’entraînement. Si elle tiendra finalement sa place, la médaillée de bronze des JO de Londres risque de ne pas être à 100%.

La tendance : le podium pour Gneto et pour Khyar.

1 Le nombre d’Européen classé au-delà de la dixième place et à avoir été champion du monde au cours de la dernière olympiade. C’était le Français Loïc Pietri en 2013.

Ils ont été médaillés en grand Championnat

Ils sont sept à ne s’être jamais parés d’or en grand Championnat, tout en y ayant déjà récolté une médaille. Expert du kumi-kata (la garde), Cyrille Maret (29 ans, – 100 kg) est la figure de proue de ce clan. En bronze aux Jeux de Rio et en argent aux derniers Championnats d’Europe, il sera d’autant plus saignant à Budapest si sa descente au poids (très souvent délicate) s’est bien passée. Quoique. En décembre 2016, à Tokyo, les cinq kilos de trop qu’il accusait à vingt-quatre heures de la pesée ne l’avaient pas empêché d’atteindre la finale d’un Grand Chelem.

Histoire de poids, encore, avec Amandine Buchard (22 ans, – 52 kg). Considérée comme une future très grande en 2014, année de son bronze mondial et de son argent européen, la jeune femme est sortie depuis peu d’une grosse dépression. Une sale période née de l’impossibilité, pour elle, de descendre sous la barre des 48 kg (sa catégorie d’alors) pour être retenue dans la sélection pour les Jeux de Rio.

Déjà récompensés par le passé au niveau continental, on retrouve également Pierre Duprat (27 ans, – 73 kg) et l’expert au sol Axel Clerget (30 ans, – 90 kg). Médaillées européennes cette année, la numéro 3 mondiale, Hélène Receveaux (26 ans, – 57 kg), Margaux Pinot (23 ans, – 63 kg), qui confirme après avoir tout gagné en jeunes et Marie-Eve Gahié (20 ans, – 70 kg), championne d’Europe juniors il y a moins d’un an, arrivent à Budapest avec des certitudes.

La tendance : trois médailles pour ce club des sept. Dont une pour Maret.

Ils n’ont jamais participé aux Mondiaux

Professeur des écoles, Mélanie Clément (25 ans, – 48 kg) a intégré l’équipe de France cette année. Tout comme Cédric Revol (23 ans, – 60 kg), un expert en Rubik’s cub, Benjamin Axus (22 ans, – 73 kg), le géant de sa catégorie (1,89 m) et Pape Doudou N’Diaye (23 ans, – 81 kg), futur kiné. Bizuth en Championnats du monde, Kilian Le Blouch (27 ans, – 66 kg), le plus endurant des Bleus, a participé aux Jeux de Rio sans s’y classer. Ces cinq-là ont tout à prouver au meilleur niveau.

La tendance : un tirage favorable et un pic de forme seront nécessaires pour espérer performer.

L’équipe de France de judo aux Championnats du monde de Budapest

HOMMES : Khyar, Revol (- 60 kg) ; Le Blouch (- 66 kg) ; Axus, Duprat (- 73 kg) ; N’Diaye (- 81 kg) ; Clerget (- 90 kg) ; Maret (- 100 kg), Riner (+ 100 kg). FEMMES : Clément (- 48 kg) ; Buchard (- 52 kg) ; P. Gneto, Receveaux (- 57 kg) ; Agbegnenou, Pinot (- 63 kg) ; Gahié (- 70 kg) ; Tcheuméo (- 78 kg) ; Andéol (+ 78 kg).

Le programme

Laszlo Papp Budapest Sports Arena. Eliminatoires à partir de 10h00 ; phases finales à partir de 16h00.

Lundi 28 août : – 60 kg, – 48 kg.
Mardi 29 : – 66 kg, – 52 kg.
Mercredi 30 : – 73 kg, – 57 kg.
Jeudi 31 : – 81 kg, – 63 kg.
Vendredi 1er septembre : – 90 kg, – 70 kg, – 78 kg.
Samedi 2 : – 100 kg, + 100 kg, + 78 kg.
Dimanche 3 : compétition par équipes mixtes (à partir de 9 heures).

Les Championnats du monde de judo sont à suivre tous les jours en direct sur la chaîne L’Equipe : éliminatoires à partir de 10h00 ; phases finales à partir de 16h00.