Née à Toulon, dans le Var, en 1938, Mireille Darc «monte à Paris» en 59 et se met presque immédiatement à tourner dans une flopée de films, souvent sous les ordres de Georges Lautner et ses acteurs fétiches, comme Lino Ventura, Bernard Blier ou Francis Blanche. Dans les années 60 et 70, elle apparaît ainsi dans plus de quarante films : le Grand blond avec une chaussure noire, donc, mais aussi les Barbouzes, Des pissenlits par la racine, Borsalino, les Seins de glace… Elle partage alors sa vie avec Alain Delon, le couple faisant régulièrement la couverture de Paris Match.

«Mon ami, mon fils, mon père»

«Au cinéma, j’ai vécu, j’ai été heureuse, je me suis bien explosé la tête, nous confiait Mireille Darc en 2015. Mais je n’ai pas grandi.» Dans les années 80, l’actrice est opérée à cœur ouvert et victime d’un grave accident de voiture, puis elle perd son deuxième compagnon, Pierre Barret. Elle se découvre alors une nouvelle passion : la réalisation de documentaire pour la télévision. Elle arrête presque complètement le cinéma, joue encore dans quelques rôles marquants à la télévision – les sagas d’été de TF1, les Cœurs brûlés et les Yeux d’Hélène dans les années 90 – mais se consacre presque exclusivement aux docus : sur des religieuses au couvent, des transplantations d’organe, des travailleuses du sexe, des femmes SDF…

Partageant sa vie depuis plus de quinze ans avec l’architecte Pascal Desprez, elle était néanmoins toujours très proche d’Alain Delon («mon ami, mon fils, mon père»). Ce dernier était d’ailleurs à son chevet au moment de sa mort, selon son agent.

Egalement devenue photographe ces dernières années (et passionnée d’ésotérisme), il restera d’elle son éternelle frange, immuable à travers les décennies, plutôt qu’un grand rôle. Elle admettait d’ailleurs sans fard, lorsqu’on lui parlait de sa robe à l’interminable dos nu : «Mes scènes me plaisaient, mais elles étaient courtes. Il fallait que je trouve un moyen d’exister.»